Par Khady Touré

En Guinée, la violence ne se cache plus. Elle s’expose. Elle s’installe. Elle devient une norme. Dans les foyers, les commissariats, les rues, elle frappe sans relâche. Pire encore, elle s’insinue dans les mentalités, jusqu’à ce qu’on ne la voie plus. Jusqu’à ce qu’on l’intègre comme un élément banal du quotidien.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de la dénoncer à voix basse, mais de la pointer du doigt, haut et fort. Car la violence a dépassé le seuil de l’alerte. Nous sommes en état d’urgence sociale.

Un climat alarmant, une société en silence

Des femmes battues dans l’intimité de leur foyer. Des jeunes humiliés ou agressés par des forces censées les protéger. Des citoyennes et citoyens victimes de violences conjugales, policières, sexuelles, psychologiques… et une société qui détourne le regard.

Chaque jour, des drames se nouent dans le silence et l’indifférence.

Chaque jour, des victimes n’obtiennent ni écoute, ni justice.

Chaque jour, la peur s’installe, et l’espoir recule.

Ce qui me glace le sang, c’est cette impression insupportable : la population finit par ressembler à son gouvernement – silencieuse, résignée, indifférente.

Où est l’État ?

Face à cette montée alarmante des violences, où est l’État guinéen ?

Combien de cris faudra-t-il encore étouffer avant qu’il se réveille ?

Combien de femmes faudra-t-il enterrer ? Combien de jeunes faudra-t-il voir brisés ?

Les réponses politiques sont trop timides, trop lentes, trop absentes. Pendant que les violences s’enracinent, l’État reste muet.

Agir maintenant : une exigence vitale

Il est temps de sortir de cette torpeur.

Il est temps de mettre en place des lois strictes, appliquées et protectrices contre toutes formes de violences :

  • violences conjugales
  • violences faites aux femmes
  • violences liées au genre
  • violences policières

Il est temps de renforcer les mécanismes de protection, d’écoute, de suivi et de justice.

Il est temps d’agir.

Une société ne peut se construire sur la peur et l’impunité

On ne bâtit pas un avenir sur la souffrance des plus vulnérables.

On ne prétend pas à la justice quand les bourreaux dorment tranquilles et les victimes pleurent en silence.

Chaque agression impunie est une complicité tacite.

Chaque silence collectif est une autorisation implicite.

Un appel aux consciences

À la jeunesse, je dis : ne normalisez pas la violence. Refusez-la. Dénoncez-la.

Aux institutions, je dis : cessez d’être complices par inaction. Le temps des discours est révolu.

Président Mamadi Doumbouya, l’Histoire vous regarde.

De quel côté voulez-vous qu’on se souvienne de vous ?

Celui des indifférents, ou celui des bâtisseurs de justice ?

Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’intolérable ?

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