Conakry, 7 mai 2025 – Dans une prise de parole à la fois lucide et percutante, Khady Touré, militante panafricaine et figure active de la jeunesse engagée, a réagi au phénomène de popularité de l’influenceur ivoirien Makosso Camille, tout en dénonçant une faille béante dans le système guinéen : la braderie de la citoyenneté.

Oui, elle le dit d’entrée de jeu et sans ambiguïté : « J’accepte ! Je reconnais et assume croire sans problème que Makosso Camille soit aujourd’hui l’une des plus grandes figures de l’Afrique francophone. » Une reconnaissance sincère du parcours médiatique et digital de l’homme, de son aura et de son influence sur les masses. Mais très vite, la militante change de ton.

« Mais… il ne faut pas exagérer », écrit-elle, pointant une réalité choquante : en Guinée, certains étrangers parviennent à obtenir des documents officiels plus facilement que des Guinéens eux-mêmes. Elle dénonce un pays où « l’identité se négocie au marché noir de l’absurde » et où des fils du pays luttent pour simplement prouver qu’ils existent.

Le message est limpide : ce n’est pas Makosso le problème. C’est l’injustice du système. Un système qui transforme la citoyenneté en privilège au lieu d’en faire un droit. Un système qui discrédite les Guinéens en les rendant étrangers dans leur propre pays.

Avec des mots forts mais responsables, Khady Touré rappelle son amour pour sa patrie. « Je ne crache ni sur l’aîné, ni sur ma patrie, mais je l’aime trop pour me taire. » Car selon elle, le silence est complice du chaos.

La fin du texte, tranchante, est un véritable électrochoc adressé aux autorités comme au peuple :

« Redonnez de la valeur à la citoyenneté par pitié. Continuez à dormir, un jour ce pays sera vendu et même son héritage, vous ne l’aurez pas. »

Khady Touré livre ici un cri d’alerte sur l’effondrement administratif, la perte de sens de la citoyenneté, et l’indifférence collective. Un texte politique, citoyen, et courageux.

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