Le gouvernement de transition guinéen a annoncé la tenue d’un référendum constitutionnel le 21 Septembre prochain, marquant une étape décisive dans le processus de sortie de crise entamé depuis le coup d’État de 2021. Objectif : doter le pays d’une nouvelle Constitution qui redéfinit l’architecture institutionnelle de la République.
Une nouvelle Constitution pour un « nouveau départ »
La future Constitution, en cours de finalisation par les autorités de transition, devrait selon le gouvernement poser les bases d’un « ordre institutionnel plus démocratique, plus stable, et adapté aux défis actuels ».
Parmi les dispositions évoquées :
- une limitation des mandats présidentiels,
- une clarification des compétences entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire,
- ainsi qu’un réaménagement du cadre électoral.
Le gouvernement affirme vouloir consulter largement la population avant la tenue du vote. Des campagnes de sensibilisation sont annoncées pour les semaines à venir.
Une société partagée entre espoir et méfiance
Si une partie de l’opinion publique voit dans ce référendum une avancée majeure vers la normalisation institutionnelle, d’autres voix s’inquiètent de possibles dérives. Des acteurs politiques et de la société civile redoutent que ce processus serve à prolonger indéfiniment la transition, au lieu de conduire rapidement aux élections présidentielles promises.
« Le danger, c’est qu’on enferme la Guinée dans une transition sans fin », alerte un membre du FNDC (Front national pour la défense de la Constitution), joint par nos soins.
Le rôle central de la jeunesse et des citoyens
Dans ce contexte tendu, la mobilisation citoyenne, en particulier celle de la jeunesse, est appelée à jouer un rôle décisif. Nombre d’observateurs estiment que la légitimité du texte dépendra non seulement de son contenu, mais aussi de la transparence du processus et du taux de participation au scrutin.
Les organisations de jeunesse, les collectifs féminins et les syndicats appellent à un débat inclusif. Certains proposent même l’organisation de forums communautaires pour décrypter les implications du futur texte constitutionnel.
Un test démocratique pour la transition
Prévu dans la feuille de route du gouvernement, ce référendum pourrait être le prélude aux élections générales attendues courant 2026, selon plusieurs sources institutionnelles. Mais pour que cette échéance marque véritablement un tournant démocratique, elle devra être conduite de manière rigoureuse, transparente et participative.
À moins de quatre mois de l’échéance, les regards restent tournés vers Conakry. Le 21 septembre sera-t-il une date fondatrice pour une nouvelle République ou une étape de plus dans un long tunnel transitionnel ? La réponse se dessinera dans les prochains mois… et dans les urnes.





Laisser un commentaire