Depuis le 5 septembre 2021, la Guinée est entrée dans une période de transition suite au renversement du régime d’Alpha Condé. Placée sous la houlette du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), cette transition militaire avait pour ambition de refonder l’État, restaurer la justice, et créer les bases d’un développement équitable. Près de quatre ans plus tard, où en sommes-nous réellement ?
Des projets structurants qui nourrissent l’espoir
Malgré les défis, plusieurs avancées notables ont été enregistrées.
SIMANDOU 2040 en mouvement
Longtemps paralysé par des conflits d’intérêts et une instabilité juridique, le projet SIMANDOU l’un des plus grands gisements de fer au monde a connu une relance historique. La construction du Transguinéen, un chemin de fer de plus de 600 km couplé à un port en eau profonde, a été entamée. S’il arrive à terme, ce projet pourrait générer des milliers d’emplois directs, des retombées fiscales significatives, et inscrire enfin la Guinée dans la transformation locale de ses ressources.
Khoumagueli : un tournant énergétique
Le 27 mai 2025, la convention de la centrale solaire photovoltaïque de Khoumagueli (40 MW) a été validée par le CNT. Ce projet s’inscrit dans une volonté affichée de transition énergétique, de réduction des inégalités d’accès à l’électricité et de diversification du mix énergétique national.
Des infrastructures en chantier
Dans plusieurs régions, des travaux routiers et de désenclavement sont en cours, tout comme certains projets de modernisation urbaine. Les retards et irrégularités demeurent, mais des signaux d’efforts existent.
Un agenda politique toujours flou
Si la transition devait durer 24 mois à l’origine, elle a été prolongée jusqu’à fin 2025. Les promesses de refondation se heurtent à une réalité plus complexe.
La nouvelle Constitution attendue depuis 2022 est toujours en cours de rédaction. Un référendum est annoncé pour septembre 2025, mais peu d’éléments concrets filtrent à ce jour.
Le fichier électoral, jugé obsolète, n’est toujours pas finalisé. L’organe de gestion des élections (l’ANIES) peine à rassurer la population sur la tenue d’élections crédibles et inclusives.
Des voix s’élèvent, notamment au sein de la société civile et des forces politiques, pour dénoncer une absence de dialogue national sincère.
Des lenteurs qui inquiètent, une jeunesse en attente
La jeunesse guinéenne, qui représente plus de 70 % de la population, reste dans une attente active, mais parfois amère. Les promesses d’inclusion, de création d’emplois, de réformes dans l’éducation, ou encore de justice équitable, peinent à se concrétiser.
“Ce n’est pas seulement une transition politique que nous attendons, mais une transition morale, sociale, économique et citoyenne”, confie une jeune activiste interrogée à Conakry.
Et maintenant ?
Faut-il saluer les avancées ? Certainement.
Faut-il ignorer les retards, les silences, les manques de transparence ? Sûrement pas.
La transition guinéenne se trouve à un tournant critique. Elle a encore le temps d’inscrire son nom dans l’histoire, non comme une parenthèse, mais comme un réel point de bascule. Cela demandera plus qu’un calendrier : une volonté politique forte, une écoute sincère du peuple, et surtout une responsabilité partagée.
À la jeunesse guinéenne
Rien ne nous sera donné sans effort, ni vigilance. C’est à nous d’exiger, de construire, de proposer. Et d’observer, sans relâche.





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