Guinée, juillet 2023
Le 11 juillet 2023, à l’occasion de la Semaine Nationale de la Recherche et de l’Innovation, Khady Touré lançait un appel vibrant à la jeunesse guinéenne : ne pas manquer cette formation « offerte sur un plateau d’or ». Militante de l’éducation, entrepreneure sociale et défenseure d’une Afrique innovante, elle soulignait l’importance d’outiller les jeunes pour transformer les idées en projets, et les projets en solutions concrètes pour le pays.
Elle était elle-même présente à cette formation, pour écouter, apprendre et contribuer par son regard critique et constructif.
« Lors de cette formation, Khady Touré a échangé avec de jeunes chercheuses venues de l’intérieur du pays, impressionnées mais découragées par le manque de financement. Ces échanges ont renforcé sa conviction : il faut des ponts, pas des murs. »
Depuis 2023 : des avancées, mais un long chemin reste à parcourir
Deux ans plus tard, plusieurs progrès ont été enregistrés dans le secteur de la recherche et de l’innovation en Guinée :
- Des incubateurs régionaux ont été mis en place, notamment à Kindia, Labé et Kankan, facilitant l’accompagnement des jeunes porteurs d’idées.
- Un fonds compétitif national soutient désormais les projets innovants portés par les étudiants, chercheurs ou entrepreneurs.
- Une plateforme numérique centralise les initiatives scientifiques et favorise les collaborations entre chercheurs guinéens.
- Des passerelles entre universités et entreprises se multiplient, notamment dans les domaines stratégiques comme l’agroalimentaire, la santé et l’énergie.
Pourtant, le potentiel reste encore largement sous-exploité.
En 2024, moins de 3 % des projets de recherche financés en Guinée étaient portés par des femmes, selon les chiffres du MESRSI.
Les propositions de Khady Touré pour un changement durable
Constatant ces avancées, Khady Touré insiste aujourd’hui sur la nécessité d’ancrer l’innovation dans une vision à long terme. Voici les axes qu’elle défend :
- Créer un label “Innovation made in Guinea” pour valoriser les découvertes et inventions locales.
- Favoriser les collaborations interdisciplinaires, en décloisonnant les savoirs et en croisant les compétences.
- Inclure les jeunes des zones rurales et les femmes dans tous les dispositifs, à travers des quotas et des programmes sur mesure.
- Instaurer une culture du mentorat, en créant des liens solides entre générations, disciplines et secteurs.
- Mettre en place un Observatoire citoyen de la recherche et de l’innovation, pour une évaluation transparente, indépendante et participative des politiques en place.
Une vision pour l’avenir
Pour Khady Touré, l’innovation ne doit pas être réservée à une élite, ni cantonnée aux grandes villes. Elle est convaincue que chaque jeune Guinéen a un potentiel créatif à révéler, à condition d’être formé, soutenu et écouté. À ses yeux, la recherche doit devenir un moteur de souveraineté, de justice sociale et de transformation durable.
« L’Afrique que nous voulons ne se construira pas sans science, sans audace, ni sans amour pour nos propres idées. Osons créer, osons croire, osons réussir », aime-t-elle rappeler dans ses interventions.
Un appel à l’action
À toutes les institutions, décideurs, partenaires publics ou privés : la jeunesse guinéenne n’attend plus d’être sauvée. Elle attend d’être écoutée, formée et mise en mouvement. L’heure n’est plus à l’attente, mais à l’investissement humain, matériel et politique dans l’intelligence nationale.





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