Washington, 7 août 2025 – Dans une déclaration poignante, empreinte de sincérité et de patriotisme, Dr. Mamadou Mouctar Diallo, figure emblématique de la jeunesse militante et acteur central de la vie politique guinéenne depuis les années 1990, a annoncé officiellement sa démission de la présidence du parti Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) et son retrait total de la politique.

35 ans de lutte sans relâche pour la Guinée

Tout a commencé en 1990, lorsqu’il n’avait que 15 ans. Jeune lycéen engagé, Dr. Diallo se lance aux côtés d’étudiants plus âgés dans les premières mobilisations pour une Guinée démocratique. À une époque où il n’y avait ni partis politiques, ni médias indépendants, ni réseaux sociaux, il fallait du courage, de la foi et une détermination inébranlable.

Pendant plus de trois décennies, son parcours fut celui d’un combattant : manifestations, répression, exil, clandestinité, blessures, mais surtout un engagement sans faille pour la justice, la démocratie et le progrès.

Un rôle clé dans les moments charnières de l’histoire guinéenne

Coordinateur des manifestations citoyennes de 2007 via le CNOSCG, acteur du retour à l’ordre constitutionnel après la junte militaire de 2008, voix debout lors des événements tragiques du 28 septembre 2009, Dr. Diallo a toujours été présent là où l’histoire s’écrivait dans la douleur, mais avec espoir.

Lui et sa génération ont redonné une voix à la jeunesse guinéenne, longtemps marginalisée. Grâce à leur audace, le pays a vu émerger une nouvelle génération de leaders issus de la société civile et du monde politique.

“Je me retire de la politique, mais je ne me retire pas de l’engagement”

Dans cette déclaration, il insiste :

“Je me retire du champ politique, mais je reste pleinement engagé au service des idéaux de justice, de démocratie et de développement.”

Son départ de la scène politique n’est donc pas un abandon, mais une transition vers une nouvelle forme d’engagement au service de la Guinée et du continent africain.

Il rappelle avec force :

“S’engager dans la vie publique, c’est accepter de souffrir en silence et d’agir sans la certitude d’être compris.”

Un message d’unité, de pardon et d’espoir

Fidèle à lui-même, Dr. Diallo termine par des mots forts : il demande pardon à ceux qu’il aurait pu blesser, remercie ceux qui l’ont soutenu et appelle à la résilience, à la loyauté et à la persévérance.

Une présidente intérimaire a été désignée pour assurer la continuité au sein du NFD et organiser un prochain congrès.

Appel à la jeunesse guinéenne

Le message est clair :

“Je remercie du fond du cœur les jeunes et les femmes de Guinée pour leur confiance continue. Je resterai toujours avec eux.”

Un départ, mais pas une fin. Une page se tourne, mais l’histoire continue..

Quelques heures après que l’ancien ministre et président du NFD, Dr. Mamadou Mouctar Diallo, a annoncé sa démission de la présidence du parti et son retrait de la vie politique, la militante Khady Touré a réagi avec un texte à forte charge émotionnelle intitulé : « Lettre ouverte à ceux qui veulent partir, à ceux qui restent, à ceux qui doutent ».

Dans cette déclaration, Khady Touré exprime son regret face à ce qu’elle qualifie de “vide” et de “silence” que laisse derrière lui l’un des symboles de la lutte démocratique en Guinée.

“Vous ne vous appartenez plus totalement. Vous êtes devenu symbole, repère, mémoire vivante pour certains dans une époque où il fallait risquer sa vie pour rêver librement”, écrit-elle.

Mais au-delà de la personne de Dr. Diallo, Khady Touré défend une idée centrale : tout le monde compte en politique.

Lettre ouverte à ceux qui veulent partir, à ceux qui restent, à ceux qui doutent

(Extrait)

J’ai appris avec regret l’annonce du retrait de Dr Mouctar Diallo.

Un départ qui résonne comme un écho de fatigue dans un pays où l’endurance des justes est déjà trop mise à l’épreuve.

À vous, Dr. Mamadou Mouctar Diallo.

À vous, figures debout de notre histoire contemporaine.

À vous, aînés silencieux, jeunes fatigués, militants discrets, rêveurs hésitants.

Peu importe vos opinions. Peu importe les nôtres.

Peu importent nos divergences ou nos idéaux communs.

Il faut de tout pour faire un monde. Il faut de tout pour faire un peuple.

Mais il faut, surtout, du courage pour continuer à EXISTER.

(Texte complet disponible sur sa page officielle)

Peu après la publication de cette lettre, Khady Touré a interpellé ses lecteurs en leur demandant de “faire la part des choses” et de “savoir lire entre les lignes”. Elle a ensuite clarifié son propos :

“Ce que je veux faire comprendre, c’est que tout le monde compte en politique !

Une démocratie ne vit pas uniquement grâce à ceux qui gouvernent, mais aussi et surtout grâce à ceux qui s’y opposent. L’opposition est tout aussi importante que le pouvoir, car elle permet d’équilibrer, de questionner, de proposer d’autres voies.

Il faut plusieurs candidats pour que le vote ait un sens.

Il faut des partis politiques pour défendre chaque vision, des erreurs pour que l’on puisse savoir que ces choix ne sont pas bons et se positionner, des situations particulières pour que l’on sache ce que l’on ne veut pas, et des propositions pour que l’on puisse décider.

Sachons faire la part des choses.

Je ne connais pas personnellement M. Mouctar Diallo et je n’ai pas d’affection particulière pour lui, ni positive, ni négative, et au risque de me répéter, ma priorité reste la jeunesse guinéenne.

Et quand je parle de jeunesse, je parle d’une jeunesse active et visible, pas d’une génération muette, cachée, qui ne s’assume pas.

Pas d’une jeunesse qui s’adonne au « cocoya », au suivisme aveugle ou à la mendicité politique chronique.

Nous avons besoin de jeunes capables d’assumer leurs idées, de débattre, de proposer, et même de contredire.

Une nation forte a besoin d’une opposition forte.

Et une opposition forte a besoin d’une jeunesse qui ne se contente pas d’applaudir, mais qui participe, analyse et s’engage.

Si nous voulons écrire un avenir différent, il faut une jeunesse debout, lucide et responsable, capable de peser sur les choix politiques et de défendre l’intérêt général, qu’elle soit du côté du pouvoir ou de l’opposition.”

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