Conakry, 11 septembre 2025 – En pleine campagne de promotion de la nouvelle Constitution, le ministre Moussa Moïse Sylla se retrouve au cœur d’une polémique après avoir été filmé en train de jeter une bouteille d’eau vide dans la nature.

Un geste en apparence anodin, mais qui prend une dimension symbolique, car il contrevient directement à l’article 30 de la Constitution qu’il promeut lui-même. Ce texte stipule :
« Toute personne a droit à un environnement sain. L’État assure la protection de l’environnement, la sauvegarde de la faune, de la flore et la promotion de la qualité de vie… Le transit, l’importation, le stockage, le déversement sur le territoire national de déchets toxiques ou polluants et tout accord y relatif constituent des crimes imprescriptibles. »
Cet article consacre le droit à un environnement sain comme un principe constitutionnel et engage aussi bien les citoyens que les représentants de l’État. En ce sens, tout acte de pollution, même symbolique, peut être interprété comme une violation de la loi suprême.
Pour plusieurs observateurs, l’incident illustre un paradoxe : comment demander au peuple de respecter la loi si les représentants de l’État ne donnent pas eux-mêmes l’exemple ? Selon eux, un ministre se doit d’être exemplaire avant de prôner le changement ou de chercher à l’imposer.
Certains suggèrent même que, pour démontrer sa bonne foi et rappeler que « nul n’est au-dessus de la loi », le ministre devrait s’acquitter d’une amende auprès du fisc et effectuer une heure de travaux d’intérêt général.
« L’éducation à la citoyenneté et au respect de l’environnement devrait commencer dès le plus jeune âge, dès deux ans », souligne une militante. « Si un ministre ne montre pas l’exemple, comment espérer que les citoyens suivent ? »
L’affaire relance ainsi le débat sur la cohérence entre les discours officiels et les pratiques quotidiennes, notamment dans un pays où la protection de l’environnement est inscrite au rang des droits fondamentaux.




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