Conakry, septembre 2025 – Une vive polémique secoue le barreau guinéen après la révélation d’un courrier adressé le 6 février dernier par le bâtonnier Mamadou Souaré Diop au président de section du tribunal de Kaloum. Selon « Le Centimètre » Modibo Camara , cette correspondance est perçue par certains juristes comme une ingérence manifeste dans une procédure judiciaire en cours.

Le document, présenté comme une simple « information », est accusé d’aller bien au-delà de la courtoisie institutionnelle. Des voix s’élèvent pour y voir une tentative de peser sur l’issue d’un procès correctionnel dans lequel le bâtonnier n’était ni partie ni sollicité.

Des juristes dénoncent un « abus de pouvoir sans précédent », estimant que ce geste viole les principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice. Certains parlent même d’un « précédent dangereux » qui fragilise l’image et l’intégrité de l’Ordre des avocats de Guinée, institution censée garantir l’éthique et protéger ses membres.
La correspondance du bâtonnier est accusée d’avoir semé le doute sur la présomption d’innocence et d’avoir tenté d’influer indirectement sur le juge chargé du dossier. Pour ses détracteurs, il s’agit là d’une atteinte grave à l’État de droit et à la loi L/014 encadrant l’exercice de la profession d’avocat en Guinée.
Ce type d’agissement ne serait « ni un cas isolé, ni une erreur ponctuelle ». L’avocat Modibo Camara, très actif sur ces dossiers, dénonce régulièrement des pratiques qu’il juge contraires à l’éthique et à la déontologie. Il laisse sous entendre que certaines preuves incriminant directement le bâtonnier Mamadou Souaré Diop seraient systématiquement écartées ou ignorées.
Face à ces critiques, des appels se multiplient pour que le bâtonnier soit rappelé à l’ordre et que des mécanismes internes de régulation soient activés afin de préserver la crédibilité de l’institution.
À ce jour, Mamadou Souaré Diop n’a pas publiquement réagi aux accusations.







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