
Septembre 2025 – Depuis le début de l’année 2025, l’ancien président de la République de Guinée multiplie les publications sur les réseaux sociaux, s’adressant systématiquement à la population comme s’il était encore le président en exercice. Ce comportement soulève des interrogations : s’agit-il d’un déni de la réalité politique, d’un acte de contestation viril, ou d’une stratégie destinée à rappeler sa légitimité face au général Mamadi Doumbouya et à la junte militaire en place ?
Pour de nombreux observateurs, il ne s’agit ni d’un sarcasme ni d’une ignorance volontaire de l’autorité actuelle. Cette posture relèverait plutôt d’une communication calculée, visant à maintenir une présence dans le débat public et à contester symboliquement le pouvoir militaire. En continuant de s’exprimer en tant que président, l’ancien chef de l’État cherche à renforcer l’idée que son mandat a été interrompu de façon illégitime.
Cependant, ses prises de parole n’ont pas toujours eu l’effet escompté. Certaines de ses sorties ont été jugées ratées, maladroites ou immatures par une partie de l’opinion publique, affaiblissant par moments la portée de son message. Ce contraste souligne la complexité de sa stratégie : entre volonté de mobiliser ses partisans et risque d’être perçu comme déconnecté des réalités actuelles.
Cette communication régulière joue sur deux registres :
- Psychologique : maintenir l’image d’un leader légitime, fidèle à l’ordre constitutionnel.
- Politique : rappeler les manquements de la junte et mobiliser autour du retour à la démocratie.
En définitive, cette posture illustre les tensions persistantes en Guinée : entre un pouvoir militaire qui s’impose et un ancien président qui refuse d’abandonner symboliquement la scène politique. Ses messages, parfois percutants, parfois maladroits, continuent d’alimenter le débat national sur la légitimité, la gouvernance et l’avenir du pays.
Le dernier post du Pr Alpha condé :
Hommage aux Martyrs du 5 Septembre : le sang versé à la Présidence ne sera pas oublié
Mes chers compatriotes,
À toutes les familles endeuillées, aux blessés qui portent encore dans leur chair la trace de la
barbarie, aux amis et compagnons de lutte des victimes, je m’adresse aujourd’hui à vous avec
une émotion profonde et une gravité à la hauteur du drame qui nous rassemble.
Le 5 septembre 2021 n’est pas une date comme les autres. C’est une entaille vive et sanglante
dans le corps de notre nation, une blessure qui ne cicatrisera pas tant que vérité et justice ne
seront pas rendues. Ce jour-là, à l’aube, les éléments courageux de la Garde présidentielle sont
tombés, les armes à la main, pour avoir choisi de rester fidèles à leur serment : protéger les
institutions de la République et défendre un président démocratiquement élu. Leur sacrifice
héroïque restera à jamais gravé dans la mémoire de notre peuple.
Leur sang versé sur les marches du palais présidentiel n’est pas seulement un souvenir
douloureux. Il est devenu un témoignage éternel, une accusation vivante qui pèse sur ceux qui
ont pris le pouvoir par la violence et la trahison. Ce sang est une tâche indélébile que ni les
discours, ni les défilés militaires, ni les artifices de propagande ne pourront jamais effacer.
À vous, familles des martyrs, sachez que votre douleur est celle de toute une nation. À vous,
blessés de ce jour sombre, vos cicatrices sont le sceau indestructible de la vérité : celle d’une
barbarie infligée à ceux qui ont défendu l’ordre républicain.
Mais l’injustice ne s’arrête pas là. Elle continue, chaque jour, dans les prisons du pays. Des
responsables politiques tels que Kassory Fofana, Docteur Diané, Bill Gates, Ibrahima Kourouma,
Damaro Camara, et tant d’autres paient encore aujourd’hui le prix fort de leur engagement.
Leur détention arbitraire est une humiliation pour notre nation et une preuve supplémentaire du
caractère oppressif du régime en place.
Mes chers compatriotes, au-delà des vies fauchées et des libertés confisquées, il faut aussi dire
la vérité sur ce qu’est devenue notre nation depuis ce coup d’État. Les putschistes ont instauré
une gestion clanique du pays, où le pouvoir se concentre entre les mains d’un cercle restreint. Ils
ont militarisé le système, étouffant la vie politique et réduisant la société civile au silence. Ils ont
fait de la gabegie et de la corruption un modèle de gouvernance, dilapidant les ressources
nationales au profit de réseaux occultes.
Aujourd’hui, les conséquences sont dramatiques : tout le système financier est en train de
s’effondrer, miné par l’absence de vision, le manque de transparence et surtout la perte de
confiance des acteurs économiques dans les institutions mises en place par la junte. La confiance
s’est brisée et, avec elle, les perspectives de développement de notre nation.
Face à ce désastre, nous réaffirmons notre promesse : Justice sera rendue. Les commanditaires
et les exécutants du massacre du 5 septembre, ceux qui ont trahi la République et détruit ses
fondations, devront répondre devant l’histoire et devant le peuple.
Mes chers compatriotes, demain, le CNRD prétendra “célébrer” dans le faste militaire le
quatrième anniversaire de son coup de force. Mais leur fête n’est qu’une insulte au sang versé,
une provocation face aux familles endeuillées, un affront à la dignité nationale. Leur faste trahit
leur peur. Leur arrogance n’est que le masque fragile d’un pouvoir illégitime qui tremble déjà
sous le poids de ses crimes.Leur pouvoir est né de la violence et du mensonge. Le nôtre, celui du peuple, tire sa légitimité
du sacrifice des martyrs, de la résistance des prisonniers politiques et de la soif de justice et de
liberté qui anime la Guinée entière.
Nous n’oublierons jamais. Nous ne nous tairons jamais. Nous poursuivrons la lutte jusqu’à ce que
la vérité triomphe, que la Constitution soit restaurée, que la dignité soit rendue à notre nation.
Que la mémoire des martyrs du 5 septembre, le courage des prisonniers politiques et la
détermination de notre peuple soient les phares qui nous guideront vers la justice, la démocratie
et la liberté.
Hommage aux martyrs.
Justice pour les prisonniers.
Dignité pour la Guinée.
Professeur Alpha Condé
Président de la République




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