Depuis plusieurs semaines, l’ouverture de China Mall à Conakry suscite de vives réactions dans les rues et sur les réseaux sociaux. Dans ce centre commercial flambant neuf, les prix défient toute concurrence : d’après certains internautes un parfum vendu 95 000 francs guinéens à Madina est proposé à 35 000 francs dans les rayons de China Mall. Une différence qui interroge et inquiète.
Pour beaucoup d’observateurs, la présence d’un tel acteur commercial étranger sur le territoire guinéen met en péril les petits entrepreneurs locaux, déjà fragilisés par un environnement économique instable. « Si la Chine, qui est la source de Madina, vient s’installer en Guinée, c’est que c’est gâté », commente un internaute, exprimant le sentiment de désarroi d’une partie de la population commerçante.
Un autre utilisateur s’inquiète : « À la Plaza, c’est presque fini. Beaucoup de vendeurs ne pourront plus vendre ». Ces propos illustrent la crainte d’un effondrement du commerce local, incapable de rivaliser avec les coûts d’importation et la logistique industrielle d’un géant mondial.
Pour d’autres, au contraire, la concurrence est une opportunité d’évolution. « Dans un pays où il n’y a pas de compétitivité, c’est normal que les Chinois haussent la barre très haut. Seuls ceux qui sauront s’adapter survivront. C’est du darwinisme commercial », commente un internaute favorable à cette ouverture, estimant qu’elle pourrait pousser les commerçants guinéens à améliorer la qualité de leurs produits et leurs services.
Certains évoquent même des précédents en Afrique : « En Angola, les Chinois ont construit des usines et fait baisser les prix. Résultat, de nombreux vendeurs locaux ont disparu ». Cette situation alimente la peur d’une délocalisation silencieuse du profit, où l’argent des consommateurs guinéens profiterait principalement à des entreprises étrangères.
Cependant, une autre partie du public accueille positivement cette nouvelle enseigne, estimant que les produits de certains guinéens sont souvent trop chers et que la clientèle mérite des alternatives abordables.
Entre satisfaction populaire et inquiétude économique, l’arrivée de China Mall en Guinée relance un débat fondamental : celui du protectionnisme commercial et du soutien à l’entrepreneuriat local.
Le gouvernement, pour l’heure, n’a pas réagi officiellement. Mais une chose est sûre : le marché guinéen entre dans une nouvelle ère, où la survie dépendra de la capacité des acteurs nationaux à s’adapter à un modèle de consommation mondialisé.





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