
Conakry – Figure reconnue de l’écosystème technologique guinéen, Mori Konaté a exprimé, à la suite du Transform Africa Summit (TAS), un profond désarroi face au traitement réservé aux jeunes entreprises innovantes du pays. Dans une déclaration publiée après l’événement, il dénonce une contradiction flagrante entre les discours officiels et la réalité vécue par les startups guinéennes.
« Tout au long du Transform Africa Summit, le mot startup n’a cessé de résonner dans les discours, les panels, les promesses… Pourtant, sur le terrain, celles qui incarnent réellement ce mot, les jeunes entreprises guinéennes, ont été banalisées, minimisées, voire ignorées », a-t-il déploré.
Pour Mori Konaté, le sommet aurait dû être une vitrine mondiale du génie guinéen, un moment fort pour valoriser l’innovation locale et encourager les jeunes entrepreneurs. Au lieu de cela, les participants issus des startups disent avoir trouvé « un chapiteau vide, une organisation désordonnée et un profond sentiment d’exclusion ».
Le paradoxe, souligne-t-il, réside dans le fait que ces mêmes startups ont été mises en avant dans la communication officielle du sommet. Elles ont contribué à mobiliser, à animer et à nourrir l’image d’un écosystème dynamique, sans en récolter la moindre reconnaissance. Plusieurs d’entre elles ont même investi leurs propres ressources pour être présentes, dans l’espoir d’exposer leurs projets et de représenter fièrement la Guinée.
« Même si les stands avaient été payants, beaucoup auraient accepté de payer, juste pour être vues, entendues et reconnues », affirme Konaté, rappelant que ces jeunes entreprises sont souvent porteuses d’emplois, de solutions et d’innovations essentielles pour le développement du pays.
S’il salue la réussite organisationnelle du sommet et adresse ses félicitations au Président de la transition en République de Guinée et à la ministre des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, Mori Konaté appelle néanmoins à une réelle inclusion des acteurs du terrain lors des prochaines éditions.
« Un tel événement ne se tient pas tous les jours dans un pays comme le nôtre. Il aurait pu être un tournant pour tout un écosystème », conclut-il, en invitant les autorités à repenser la place accordée aux startups guinéennes, non plus comme décor symbolique, mais comme force motrice du numérique et du développement national.





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