La créatrice et militante culturelle Khady Touré a publié un message ferme dans lequel elle condamne sans équivoque les attaques répétées visant l’artiste guinéenne DjelyKaba Bintou. Elle déplore « toutes les formes de violence », en particulier celles que la chanteuse subit « depuis trop longtemps dans l’indifférence générale ».

Dans son communiqué, Khady Touré évoque un climat de harcèlement individuel, collectif et parfois organisé, marqué par un « acharnement quotidien », des insultes publiques, une diffamation persistante et la manipulation ou la diffusion d’images nuisibles. Elle accuse une partie de la société guinéenne de choisir « volontairement de se taire » face à ces dérives.

Pour la militante, ce silence collectif est « aussi inquiétant que l’avenir de nos enfants » exposés à de « si mauvais exemples ». Elle rappelle qu’être artiste ne signifie pas perdre son droit au respect, à la dignité ou à la protection. Elle estime qu’il est « urgent de tirer la sonnette d’alarme » lorsque l’exposition médiatique sert de justification aux violences morales, verbales, physiques ou numériques. Khady Touré interroge : « Depuis quand une femme publique devient-elle une cible légitime à déshumaniser ? »

La militante insiste également sur la nécessité de rappeler que « les bonnes manières sont valables aussi sur internet ». Selon elle, « qu’on apprécie ou non une personnalité, rien ne justifie la violence ». Elle souligne que DjelyKaba Bintou n’est « ni un personnage fictif ni une image publique dénuée de droits », mais « une femme, une citoyenne, une mère, une artiste et un être humain à part entière ».

Khady Touré dénonce la banalisation du harcèlement, souvent présenté sous couvert d’humour, ainsi que la normalisation des violences envers les femmes au nom de logiques patriarcales qu’elle qualifie de dépassées. Elle alerte également sur la montée de la cybercriminalité devenue, selon elle, un véritable divertissement encouragé par un « fanatisme dangereux ». Ces comportements sont, affirme-t-elle, non seulement immoraux mais « également illégaux ».

Dans sa déclaration, elle estime qu’il est nécessaire de « réapprendre le respect, la responsabilité et la décence » afin de « redorer l’image du pays ». Elle exprime son soutien à DjelyKaba Bintou ainsi qu’à « toutes les femmes exposées aux humiliations publiques, à la misogynie, aux attaques sur le corps, le poids, l’hypersexualisation, la voix ou la liberté d’exister ». Elle affirme qu’« aucune personne ne mérite d’être détruite publiquement ».

Khady Touré condamne enfin « la publication d’images prises à l’insu des personnes, volées, ou la création d’images à caractère pornographique destinées à nuire ». Elle rappelle qu’il ne s’agit ni de « buzz », ni de « jeux », ni de « blagues », mais d’« actes criminels punis par la loi », tout en appelant les victimes à porter plainte.

Pour conclure, elle affirme que « le respect n’est pas une option » et que la dignité humaine demeure « non négociable ».

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