
Bobigny, dimanche 8 février 2026. Ce qui devait initialement être un salon féminin à l’ambiance conviviale et assumée s’est progressivement transformé en un moment d’une intensité émotionnelle rare. Organisé par Biinty K, fondatrice et présidente de l’association « Parole en sang », créatrice de contenus connue pour son énergie communicative et son engagement en faveur des femmes, Le Salon de l’Élite Women Only a réuni de nombreuses femmes, jeunes filles et mères de famille autour des thèmes de la confiance en soi, du partage et de la sororité.

Habituée à organiser des salons féminins au rythme soutenu et au succès constant, Biinty K s’est imposée ces dernières années comme une figure dynamique des réseaux sociaux. Sa jovialité, son humour et sa liberté de ton ont largement contribué à fédérer un public fidèle. Cette édition, très attendue, a rapidement dépassé le cadre habituel d’un événement lifestyle pour prendre une dimension profondément sociale et humaine.

Invitée principale, Khady Touré, femme de médias, activiste et militante pour l’éducation et la lutte contre les violences sous toutes leurs formes, est intervenue au nom de Jeunesseguineenne AISP, Action d’Information, de Sensibilisation et de Prévention, à travers la campagne NON À LA VIOLENCE, portée par le média jeunesseguineenne.com. Dès les premières minutes, elle a bouleversé l’atmosphère en ouvrant sa prise de parole par un témoignage personnel d’une grande intensité émotionnelle garder secret depuis plus de 20 ans. Submergée par l’afflux de souvenirs, elle n’a pu aller au terme de son récit, suscitant une vive émotion au sein d’une large partie de l’assemblée.

Au cœur de son intervention, un combat partagé avec l’organisatrice la lutte contre les mutilations génitales féminines et, plus largement, contre toutes les formes de violences faites aux femmes. Avec pédagogie et sans jugement, Khady Touré a rappelé que ces pratiques ne relèvent ni de la religion ni de la culture. Elle a insisté sur un principe fondamental dès lors qu’une pratique porte atteinte à la dignité, à l’intégrité physique et aux droits humains, il ne peut être question ni de tolérance ni de relativisation. Son message s’est voulu à la fois un appel à la parole, à la reconstruction et à l’engagement collectif.

À l’issue de cette intervention, de nombreuses participantes se sont rapprochées d’elle pour échanger, témoigner ou solliciter l’accompagnement de son association. #Jeunesseguineenne.com propose en effet des espaces d’écoute et de soutien psychosocial, destinés aux victimes et aux personnes en situation de détresse via « SANTÉ MENTALE ». Un accompagnement social fondé sur l’écoute, le dialogue et la reconstruction, distinct de toute prise en charge médicale.

Biinty K a ensuite pris la parole à son tour. Elle a livré un témoignage personnel sur un traumatisme vécu à l’âge de 12 ans. Un récit d’une intensité bouleversante, qui a plongé la salle dans un silence chargé d’émotion avant de provoquer de nombreuses larmes. Cette prise de parole a libéré d’autres voix. Certaines femmes ont trouvé le courage de révéler des violences subies viols, inceste, excision. D’autres ont témoigné de leur chemin de reconstruction. Certaines enfin ont choisi de rester silencieuses, observant avec respect, dans un espace où aucune parole n’était exigée.

L’événement a également été marqué par l’intervention de Madame Yacine Diop Diakité, pionnière et l’une des premières femmes africaines engagée dans la lutte contre les mutilations génitales féminines à s’exprimer sur les plateau TV en France. Aujourd’hui à la retraite, elle a exprimé, la voix tremblante, sa fierté et son émotion face à l’engagement des deux jeunes femmes. Elle a salué la relève assurée et la détermination de celles qui acceptent de devenir la voix des sans voix, prêtes à porter le combat jusqu’au bout.
Dans une atmosphère empreinte de sororité, les participantes se sont ensuite enlacées, consolées et soutenues. Certaines ont ressenti le besoin de gestes simples, comme des étreintes ou des mots réconfortants, pour accompagner la charge émotionnelle des témoignages. En contraste avec l’intensité des échanges, la clôture de l’événement s’est voulue plus lumineuse. Deux artistes sont venues chanter et danser, apportant une énergie chaleureuse et collective, comme pour refermer la journée sur une note d’apaisement.
Au-delà d’un simple salon, Parolensang s’apprête à s’imposé comme un espace rare où la douleur individuelle devient combat collectif, et où la parole, longtemps étouffée, trouve enfin un lieu pour exister, être entendue et reconnue.







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