𝐒𝐎𝐔𝐒𝐒𝐎𝐔 : Langue Officielle de la Guinée 🇬🇳
Ce n’est pas un simple slogan. C’est un cri du cœur, une ligne de front, un projet de société. Et derrière ces mots répétés avec constance et ferveur sur les réseaux sociaux, il y a Aboubacar Camara, consultant en communication et marketing digital, infographe et militant infatigable de la langue, de la mémoire et de la paix sociale.
L’homme qui parle pour rassembler
Formateur, chercheur, communicateur culturel, Aboubacar Camara est l’un des visages les plus actifs du mouvement pour la promotion du soussou comme langue nationale unificatrice. Il donne des cours d’alphabet soussou, crée des contenus pédagogiques accessibles, partage des textes historiques, et fait vivre, chaque jour, une langue qui ne demande qu’à reprendre toute sa place dans l’espace public guinéen.
À travers ses publications, il déconstruit les idées reçues et rappelle que le soussou n’appartient pas seulement à une ethnie, mais à un pays.
« Le soussou est déjà la langue de l’économie, de l’armée, du football, de l’administration. Il est parlé à Conakry comme à Siguiri, dans les taxis comme dans les marchés. »
Pour lui, cette langue est l’outil naturel d’une Guinée unie, une sorte de monnaie verbale commune à tous les Guinéens.
La Charte de Kèmèkiriya : un trésor de sagesse
L’un de ses engagements les plus marquants est la valorisation de la Charte de Kèmèkiriya, un texte ancien rédigé en langue soussou, composé de 10 chapitres et 100 articles, que certains considèrent comme un équivalent guinéen de la Charte du Mandé.
Il en explique les concepts avec rigueur, et surtout avec passion.
« I woulé foû » une expression populaire bien connue tire son sens de l’article 10 :
« Ne mentez pas, car le mensonge n’a jamais longue vie. »
Dans le chapitre I, il est question de bonne conduite, d’organisation sociale, de vivre ensemble.
Le chapitre III, lui, nous rappelle l’hospitalité légendaire des Soussous :
« Prévoyez toujours un bol de plus pour le repas d’un sage. »
Ces textes, transmis oralement, fondent une philosophie du respect, du partage, de l’anticipation, que Camara défend comme patrimoine immatériel vivant.
Le soussou, un choix politique et symbolique
L’engagement d’Aboubacar Camara ne vise pas à supprimer ou dominer les autres langues nationales. Au contraire, il milite pour une cohabitation harmonieuse, mais avec le soussou comme langue-pivot, celle qui permettrait de briser les logiques ethniques.
« Choisir le soussou, c’est refuser l’ethnostratégie. Ce n’est pas abandonner nos langues, c’est créer un pont. »
C’est un acte politique fort, mais aussi une démarche culturelle profonde : donner à chaque Guinéen une langue de référence commune, une langue d’enseignement, de débat, de lois, de rêve collectif.
Kandia Soli à Kindia : la culture en action
Au-delà de la langue, Aboubacar Camara est également un coordinateur de la communication et de l’organisation du Kandia Soli à Kindia, une fête culturelle où traditions, danses, contes et patrimoine se croisent.
Là encore, il agit comme passeur d’héritage, veillant à ce que la culture soussou reste vivante, créative, transmise.
Et maintenant ?
Son combat, il l’ouvre au monde. Il milite pour que la Charte de Kèmèkiriya soit reconnue par l’UNESCO comme patrimoine immatériel de l’humanité, aux côtés d’autres grandes chartes africaines.
Car selon lui, cette charte est une preuve que les sociétés africaines ont élaboré, depuis longtemps, des systèmes de gouvernance, de justice, et d’équilibre social dignes d’étude et de respect.
Un portrait d’avenir
En Aboubacar, la Guinée tient un acteur culturel, un éducateur du peuple, un traducteur de l’histoire en espoir. Il incarne cette génération qui ne demande pas la permission d’exister, mais qui agit, écrit, partage, crée.
Et à travers le soussou, il ne se contente pas de parler
il construit une parole commune.
Aboubacar Camara n’est pas seulement un linguiste ou un militant. Il est un passeur de mémoire, un éducateur populaire, un bâtisseur de conscience. Par son engagement, il montre que la langue est plus qu’un outil : c’est un levier de développement, un ferment de citoyenneté, une clé pour la réconciliation.
Il est temps que ses efforts soient soutenus, que son combat soit reconnu, et que la Guinée célèbre enfin celles et ceux qui, comme lui, tracent les chemins du renouveau en écoutant la sagesse des anciens et le cri impatient de la jeunesse.










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