À seulement quelques années de l’âge adulte, Mamet a vécu une épreuve que peu de jeunes auraient la force d’affronter. Après cinq années de souffrance silencieuse, elle a choisi de raconter son histoire. Elle explique que la tuberculose osseuse a bouleversé sa vie, modifié son rapport à son corps et profondément marqué son quotidien. Son témoignage, rare et essentiel, éclaire une réalité trop souvent ignorée.
Tout commence par des douleurs atypiques au niveau des côtes et du dos, accompagnées d’une sensation d’étouffement qui rendait chaque respiration difficile. Ces symptômes ont dérouté les médecins, entraînant une série de diagnostics erronés et de traitements inadaptés. Pendant ce temps, la maladie poursuivait son évolution. Mamet raconte l’incompréhension qui dominait alors, partagée par ses parents, face à une douleur qui ne cessait de s’amplifier.
L’errance médicale dure huit mois. La jeune fille décrit un quotidien où marcher devient un défi, où respirer demande un effort constant, où la douleur prend toute la place. Les consultations se multiplient, tout comme les tentatives de traitements. Elle évoque des remèdes traditionnels, des potions et des pratiques locales, dans l’espoir de retrouver un semblant de normalité. Rien n’y fait. Le mal progresse, implacable.
Le diagnostic finit par tomber. Il s’agit d’une tuberculose osseuse avancée, une forme rare et grave de la maladie. La bactérie a endommagé sa colonne vertébrale, provoquant une détérioration sévère des vertèbres. Les médecins sont formels. Sans intervention urgente, Mamet risque de perdre l’usage de ses jambes.

Une première opération est réalisée le 30 avril 2021. Elle espère alors un répit. Mais les douleurs reviennent. Mamet tombe régulièrement. Ses jambes répondent difficilement. De nouveaux examens révèlent que certaines vis implantées lors de la chirurgie menacent sa moelle épinière. Une seconde opération devient urgente.
Elle part alors en France. Là-bas, elle enchaîne examens, traitements et rééducation. Elle apprend à se déplacer différemment, à gérer un corps qui ne réagit plus comme avant. Elle décrit cette période comme une tentative permanente d’apprivoiser un corps devenu étranger. Les médicaments s’accumulent et un nouveau combat, psychologique cette fois, commence à s’imposer progressivement.

La deuxième opération a lieu le 30 avril 2022. Une vertèbre endommagée est remplacée par un implant. Les chirurgiens stabilisent ce qui peut encore l’être. Malgré tout, la guérison totale n’arrivera pas. Mamet explique qu’elle ne retrouvera jamais pleinement les capacités qu’elle avait avant la maladie. Son dos est désormais fragile, reconstruit, marqué.
Son quotidien reste profondément affecté. Elle ne peut ni rester debout longtemps ni rester assise pendant une durée prolongée. Les secousses lui sont douloureuses. Elle doit anticiper chacun de ses gestes. Elle évolue sous la menace permanente d’un faux mouvement susceptible de provoquer des dommages irréversibles. Sa cicatrice, invisible à ses yeux, est présente dans chacun de ses pas.
Mamet confie avoir gardé le silence pendant cinq ans. Cinq années de douleurs, de larmes, de doutes et de résilience. Cinq années où elle répondait systématiquement que tout allait bien. Cinq années à porter un fardeau invisible. Elle dit avoir souvent interrogé la vie, cherchant à comprendre ce qu’aurait pu être son existence sans la maladie.
Un matin, la douleur et les larmes ont été plus fortes. Elle a ressenti le besoin de parler, d’expliquer, de sensibiliser. Car les maladies invisibles ne cessent pas d’exister simplement parce qu’elles ne se voient pas. Elle souhaite désormais attirer l’attention sur ces réalités méconnues, ces souffrances qui se cachent derrière des sourires.
Pour Mamet, la véritable force ne réside pas dans l’absence de fragilité, mais dans la capacité à continuer, malgré tout. Elle dit vouloir aider ceux qui vivent des épreuves silencieuses, leur rappeler qu’ils ne sont pas seuls, et encourager une meilleure compréhension sociale des douleurs chroniques et des parcours médicaux complexes.
Aujourd’hui, elle affirme sans détour que la tuberculose osseuse lui a volé une partie de son corps. Mais en partageant son histoire, Mamet reprend la maîtrise de son récit, redonne un sens à son combat et ouvre une voie essentielle vers une meilleure reconnaissance des maladies invisibles.

Malgré tout cela, ou peut-être même grâce à son parcours, elle est aujourd’hui une jeune femme forte, sociable, pleine de vie, avec une joie de vivre aussi contagieuse que son beau sourire.




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